Une offensive cohérente contre l’école et les statuts

jeudi 20 février 2014
par  HB
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Depuis son arrivée au ministère, Peillon a mis en place une politique cohérente visant à disloquer l’Enseignement public et à détruire les statuts. Le cadre en est donné par la loi d’orientation sur l’école.

Avec les “rythmes scolaires” se met en place la territorialisation de l’école. Mais, le second degré, le post-bac (lois LRU Pécresse/Fioraso) sont aussi concernés. L’entreprise de dislocation des statuts des personnels va ainsi permettre d’assujettir les enseignants aux pouvoirs locaux et d’importantes économies.

Une triple mobilisation : rythmes scolaires, statuts, moyens

Les enseignants se sont en premier lieu mobilisés pour l’abrogation du décret sur les rythmes. Juste avant Noël, la mobilisation spontanée des collègues, auto-organisant leur grève (classe prépa et second degré) contre le projet de nouveaux statuts, a contraint Peillon à manœuvrer en recul. Depuis le 20 janvier, notamment en région parisienne (et aussi à Marseille…) se mènent des grèves contre les redéploiements et réductions des moyens affectés à certains établissements (ZEP…). Ces redéploiements participent de la casse du cadre national de l’enseignement et des statuts.

Les rythmes scolaires, la question des postes (en particulier dans les banlieues), comme les projets de nouveaux statuts sont trois facettes d’une même politique, dans la continuité de celle de l’époque Sarkozy. Dans ces conditions, nombre de collègues sont stupéfaits d’apprendre que toutes les directions syndicales ont accepté de poursuivre les “concertations” sur le projet Peillon concernant les statuts, que certaines se félicitent dans la presse des nouvelles “fiches” rendues publiques le 12 février.

Statuts : un projet toujours aussi inacceptable

Au-delà d’un maquillage superficiel, le nouveau projet reste fondamentalement le même : la définition des obligations de service en “maxima d’heures hebdomadaires d’enseignement disciplinaire” est remplacée par des “missions”.

À la “mission” d’enseignement définie en “temps de travail pédagogique” d’un maximum de 18h ou 15h hebdomadaire, s’ajoutent deux séries de “missions” découlant des contre-réformes Fillon/Peillon : missions “liées à l’enseignement” (activités d’évaluation, aide, réunions diverses, formation, information, “enseignements complémentaires”, sans compter la préparation des cours, les corrections de copies…) et missions “complémentaires” dont les volumes et l’attribution seront décidés par le chef d’établissement ou le CA. Le temps de travail de référence étant celui de la Fonction publique (1607h), ces deux séries de missions se feront sur un temps de travail annualisé d’environ 1000h. Le remplacement des heures de première chaire par des "pondérations" permettra la multiplication des heures supplémentaires. Un tel statut individualisera les services, modifiera la nature du métier, augmentera le temps de présence et alourdira la charge de travail.

Nouvelle entreprise de division

En outre le gouvernement se garde bien de dire quel sera le statut des collègues de prépa car l’objectif est de casser l’unité dans l’action construite en décembre. Il envisage de basculer le post-bac vers les universités concurrentielles dont la faillite est organisée par la politique d’autonomie (dans nombre d’universités, la moitié des enseignants sont contractuels ou vacataires). La seule certitude c’est que les décrets de 1950 ne seront plus. Or, très majoritairement, les collègues de prépa veulent conserver le même statut.

La défense du statut (décrets de 1950), le rétablissement des moyens supprimés, l’exigence de tous les postes nécessaires, la titularisation des précaires, le refus de l’application de la “réforme” Peillon participent d’un seul et même combat. D’où l’exigence claire à adresser aux directions syndicales :

- rupture immédiate de toutes les concertations avec Peillon
- retrait du projet sur les statuts
- appel à la grève de tous les personnels pour imposer la satisfaction des revendications

La tenue d’AG permet de construire de véritables outils pour la mobilisation. Mais le contrôle du mouvement implique l’intégration des représentants syndicaux dans les AG aux côtés des délégués mandatés. Cette unité doit se prolonger en coordination à tous les niveaux jusqu’à l’échelle nationale pour constituer de véritables organes de mobilisation permettant d’infliger une défaite au gouvernement.


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