Vote NON aux rapports d’activité académique et national du SNES

dimanche 19 janvier 2014
par  HB
popularité : 28%

Pour la défense du statut national, et contre la politique de Peillon

La politique scolaire de l’actuel gouvernement ne peut laisser aucune illusion. À l’Université, la loi Fioraso, poursuivant la loi Pécresse, conforte l’autonomie des universités et la soumission des enseignants-chercheurs aux exigences patronales. Dans le 1er et le 2nd degré, la loi Peillon sur l’école (votée avec le renfort du PCF), met en place un dispositif visant à disloquer le caractère national de l’enseignement et à casser nos statuts.

  • la territorialisation" de l’enseignement public va toucher les collèges et lycées : autonomie renforcée et mise en concurrence des établissements, contrôle accru des pouvoirs locaux, individualisation des formations des élèves, baccalauréat voué à être liquidé par le contrôle continu (cf. analyses : http://69.emancipation.fr/).
  • la casse des statuts des enseignants et personnels lui est liée. Peillon veut pulvériser les statuts qui définissent, depuis les décrets de 1950, le temps de service des enseignants par des maxima hebdomadaires d’heures d’enseignement disciplinaires. Le projet Peillon redéfinit les obligations de service en une multitude de "missions", de tâches les plus diverses, souvent définies par le chef d’établissement et le CA : il en résultera la flexibilité des horaires, la soumission des personnels aux pouvoirs locaux, la destruction de toutes les garanties qui unifient les collègues face à l’employeur et à la hiérarchie.

Ce que l’on attendait de la direction du SNES, c’est qu’elle dise clairement que ce projet est inacceptable, et donc non négociable. De même le SNES devait et doit exiger l’abrogation des lois et mesures des années Sarkozy (comme la loi Fillon de 2005 à l’origine des ECLAIR, et la réforme des lycées…). C’est ce que n’ont cessé de proposer les élus Émancipation à la CA académique.

Pourtant, la direction UA du SNES a préféré discuter, des mois durant, avec Peillon. Cette direction (tant au niveau national qu’académique) a dissimulé aux collègues la gravité de l’attaque contre les statuts, et refuse de défendre les décrets de 1950 : elle annonce qu’elle va poursuivre les concertations au lieu d’exiger le retrait total et définitif du projet Peillon.

Pour toutes ces raisons, nous appelons à voter non au rapport d’activité académique.

Mais dans les semaines à venir, nous pensons que c’est la mobilisation des collègues qui peut mettre Peillon en difficulté et obliger la direction du syndicat à cesser de soutenir la politique du gouvernement.

Ainsi, dans les lycées, les enseignants de classes prépa ont organisé eux mêmes leur propre mobilisation, en dégageant le fait central que le projet de Peillon était une attaque contre la totalité des enseignants : prises de positions d’assemblées générales massives (incluant souvent les collègues du second degré) et de sections syndicales, échanges directs entre établissements, rejet des tentatives de Peillon d’orchestrer la division entre collègues du second degré et ceux de prépa… ont conduit à la grève massive du 9 décembre, reconduite le 10 et le 11 en AG (non décidée par la direction du syndicat). La menace d’extension au second degré a contraint le ministre à manœuvrer en recul.

Une mobilisation générale et auto organisée des syndiqués et personnels peut imposer le retrait total et définitif du plan Peillon sur le statut, ouvrant ainsi la voie au combat pour toutes les autres revendications. Le SNES peut et doit être l’outil de ce combat.

C’est dans cette perspective qu’agissent les militants d’ Émancipation .

2/01/2014, Contact : 69.emancipation@gmail.com


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