Concertations Peillon sur le "métier"-statut

lundi 18 novembre 2013
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Le 19 octobre 2012, sur Médiapart, Peillon critique Sarkozy qui a placé au cœur de sa campagne les attaques contre le statut des enseignants. Peillon précise  : "je pense qu’il faut penser différemment le métier d’enseignant au XXIème siècle, mais il [Sarkozy] ne disait pas métier, il disait statut".

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Ce 18 novembre, Peillon a précisé sa "réforme" des statuts de 1950, poursuivant deux objectifs :


1. Fin de la définition en heures d’enseignement hebdomadaires devant élèves (ce qui intègre le nombre d’élèves par classe) des Obligation Réglementaires de Services (ORS, ce qui figure sur les VS) :


= l’introduction dans les ORS de « missions liées à l’activité d’enseignement » (suivi des élèves, relations avec les parents, etc.) et de « missions complémentairesliées à des responsabilités,(...) » permet une annualisation du temps de travail

= l’introduction dans les ORS de ces missions les rend obligatoires

= fin de la prise en compte des effectifs dans le calcul de services, pour tout le monde (en CPGE, comme dans les zones d’éducation prioritaires, où les élèves en difficultés sont mis dans les classes à 30 voire plus et on leur donne un "suivi personnalisé" alors que la demande est moins d’élèves/classe)


2. Organisation de la division et de l’opposition entre les collègues, pour faire passer sa réforme :

Peillon explique qu’il lâche (en apparence*) quelques miettes aux uns au détriment des autres (qualifiés de privilégiés) alors qu’en réalité, c’est à tout le monde que l’on s’attaque.


Le Nouvel Obs :

« Au cœur de cette concertation se trouve la révision du décret de 1950 qui définit les obligations de service des enseignants. Une affaire délicate. "Le conservatisme et l’élitisme sont en train de s’organiser, croit savoir le ministre. Mais si nous arrivons à modifier les décrets de 1950, après 30 années de blabla, ce sera une avancée historique". »

http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20131118.OBS5909/reformer-le-metier-de-prof-peillon-n-a-pas-la-main-qui-tremble.html

* la suppression des heures de chaire en lycée, vue la masse salariale, permettrait plus d’économies que la suppression des heures de chaire en CPGE

Précisément, que contient le projet ?


- Pour tous : disparition des réductions de service (effectifs pléthoriques, laboratoire, première chaire)

- Pour tous, le nombre d’élèves n’intervient plus dans le calcul du service

- Pour tous, aux missions d’enseignement s’ajoutent 2 nouvelles missions : « missions liée à l’activité d’enseignement » et « missions complémentaires »

- Pour tous : la mission d’enseignement, devant élèves, « s’effectue dans le cadre hebdomadaire de référence de 18heures » (18h/semaine ou 15h pour agrégés)...mais pour l’année, le cadre horaire est de 1607h ! Ainsi la réforme introduit près de 1000 h de service hors temps passé en classe, annualisées, comptabilisables (conseil de classe...) ou non (préparation de cours, correction de copies). Parmi ces 1000h, qu’est-ce qui pourra limiter la multiplication des tâches comptables, au détriment des préparations de cours et corrections de copies ? Cela risque d’ouvrir la voie à une augmentation considérable du temps de travail.

- Pour tous, les évaluations (les DS) ne feraient plus partie des 18h ou 15h/semaine, mais deviendraient des « missions liées à l’enseignement », en plus des 18h/15h hebdomadaires aux côtés de l’orientation, réunions diverses... Cela risque de préparer les différentes évaluations en contrôle continu ou contrôle en cours de formation qui devront être assuré durant l’année en plus des heures de cours


- en 1ère et Terminale, STS, CPGE : disparition de l’heure de première chaire

- cycle terminal : droit à une pondération de 1,1h "dans la limite d’une heure" (avant pour 6h en terminale, 1h sup ou 1h en moins ; dorénavant 10h en terminale correspondraient à 1h sup)

- STS : pondération de 1,25

- en CPGE : l’ORS passe à 10h pour tous (quand le service en CPGE est complet, et quel que soit l’effectif) ; baisse du taux des HSA

- en éducation prioritaire : disparition des indemnités pour tous et pour quelques établissements (ECLAIR), pondération de 1,1h...



- Enfin, qu’en est-il des maxima d’effectifs par classe ?


L’essentiel réside dans ces phrases des Échos  :
"Si les syndicats acceptent que toutes ces missions soient reconnues, elles deviendront obligatoires. Un dilemme pour eux.« ?Si nous y arrivons, ce sera une avancée historique ? », admet Vincent Peillon."

1ère analyse rapide Émancipation 69


Question : de telles attaques contre le statut sont-elles "négociables" ?

NON : RETRAIT du projet ministériel : rupture des concertations

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